Depuis plus d’une décennie, les frontières entre l’érotisme et la pornographie s’érodent : de nombreux comportements sexuels se banalisent et les rapports à la sexualité se désinhibent chez les utilisateurs-rices de nouvelles technologies (sexting, sex cam, etc.). Le développement de l’Internet et les nouvelles compétences numériques favorisent la fabrication, les échanges et la dissimulation de pornographie dure, ainsi que l’accès à des sites spécialisés (légaux et illégaux) à des spectateurs de plus en plus jeunes. La pédopornographie de substitution, digitale (images de synthèse, etc.), simulée (lifting digital ou de-aging) et instrumentalisée (sex dolls ou real dolls, sex-toys, etc.) devient un phénomène.
La place démesurée accordée à la pornographie et à tout ce qui se rapporte à la culture du corps et du sexe sur les réseaux sociaux remet en question notre rapport à la sexualité - a fortiori à la pornographie dure. Se pose la question de savoir si les nouvelles technologies ont élevé notre seuil de tolérance, de sorte que les tribunaux seraient tenus de tolérer désormais des images et des vidéos qui voguent sur les eaux troubles de « l’érotisme sexualisé » ?