Atelier FernStudium International
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Cet atelier est organisé dans le cadre de la préparation d'un numéro thématique de la revue Relations internationales ainsi que du projet de recherche «Organised Business and Environmental Governance in Western Europe (1945–1995)», financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS).
La journée sera organisée autour de courtes présentations fondées sur des articles transmis à l'avance aux participant-es afin de favoriser les échanges et la discussion collective.
L’environnement constitue un objet de diplomatie, et ce bien avant son inscription explicite dans les agendas des organisations internationales, notamment de l’Organisation des Nations Unies, à partir des années 1970. Les États s’intéressent de longue date aux milieux naturels pour leurs ressources stratégiques, à l’instar du charbon au XIXe siècle ou du pétrole au XXe siècle, pour ne mentionner que les exemples les plus évidents.
Les crises environnementales et agricoles jouent également un rôle structurant. L’épisode de la crise du phylloxéra dans les années 1860–1880, qui dévaste les vignobles européens à partir d’un parasite importé d’Amérique du Nord, constitue un exemple précoce de circulation biologique à l’échelle transnationale, suscitant des réactions politiques de la part de différents États.
Parallèlement, l’industrialisation fait émerger de nouveaux contentieux liés aux pollutions. L’implantation d’usines le long des cours d’eau entraîne dès le XIXe siècle des conflits d’usage et des contestations locales, qui prennent parfois une dimension transfrontalière. Les pollutions hydriques et atmosphériques ignorent en effet les frontières politiques, comme en témoignent les tensions récurrentes autour de la qualité des eaux du Rhin ou, plus tard, les différends liés aux pluies acides en Europe au XXe siècle La protection des paysages a aussi pu faire l’objet de collaborations entre gouvernements.
L’impact des conflits militaires constitue une autre dimension importante de la diplomatie environnementale. Si la politique de la terre brûlée remonte à l’Antiquité, les guerres modernes ont mis les avancées technologiques au profit de la destruction. L’utilisation de missiles et les déversements chimiques provoquent des pollutions durables dans les écosystèmes en
dispersant des produits toxiques ou des métaux lourds, tandis que les émissions de CO2 liées à l’industrie d’armement et aux destructions de champs pétroliers contribuent au réchauffement climatique.
Ces situations conduisent les États à élaborer des mécanismes de coopération technique et diplomatique. Dans un premier temps, ces négociations concernent principalement des espaces transfrontaliers ou régionaux. Elles s’inscrivent dans des cadres juridiques et institutionnels limités, souvent centrés sur des usages spécifiques (navigation, pêche, qualité de l’eau).
Toutefois, au cours du XXe siècle, un changement d’échelle s’opère. La prise en compte de phénomènes globaux – tels que la biodiversité à partir des années 1960, la dégradation de la couche d’ozone, encadrée par le Protocole de Montréal de 1987, ou encore le changement climatique, institutionnalisé avec la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en 1992 – conduit à l’émergence d’une gouvernance environnementale mondiale.
En outre, l’environnement se laisse difficilement compartimenter dans les politiques publiques : il touche à la santé, aux questions commerciales, ainsi qu’aux relations géopolitiques, par exemple. La diplomatie environnementale met ainsi en jeu une pluralité d’acteurs : États, organisations internationales, entreprises, communautés scientifiques, ONG et réseaux transnationaux. Elle repose sur des circulations complexes de savoirs, de normes et de pratiques, et révèle des asymétries persistantes, par exemple entre pays industrialisés et pays du Sud global.
Dans la perspective propre à Relations internationales, ce dossier propose d’inscrire la diplomatie environnementale dans le jeu des « forces profondes » qui structurent les relations internationales : transformations économiques, dynamiques sociales, productions scientifiques, représentations culturelles et rapports de pouvoir. Ainsi, il vise à tirer parti des renouvellements de la recherche en histoire environnementale, en histoire du capitalisme ou encore en histoire des sciences et des techniques, qui ont fait de la gouvernance de l’environnement un thème central.
L'atelier pourra être ouvert au public intéressé, dans la limite des places disponibles.
Pour participer, merci de contacter : Prof. Dr. Sabine Pitteloud.