Près 200 millions de personnes à travers le monde sont sans emploi. Même parmi celles qui ont un emploi, 1,4 milliard de personnes travaillent dans de mauvaises conditions. On peut donc se demander si le système économique actuel, basé sur l’idée libérale de compétition entre êtres humains sur le marché du travail, est réellement à même de garantir le droit humain au travail et, simultanément, un droit humain à des conditions de travail équitable. Le projet apporte une perspective nouvelle. Il cherche à comprendre comme réduire la nécessité de travailler et créer une droit à la liberté face au travail comme possible solution aux problèmes liés à l'emploi dans une perspective post-libérale. Le projet est financé par la bourse SNF-Ambzione 179971

Des normes fondamentales à la liberté face au travail

Peut-on continuer à consommer, à produire et à se développer dans l’optique de fournir suffisamment de travail ? Jusqu’à présent, les systèmes économiques tant socialiste que capitaliste ont orienté leur effort à fournir une quantité suffisante de travail, recherchant le plein emploi au titre du droit à travailler. Cette stratégie est-elle pérenne dans le contexte d’une économie mondialisée ? La présente étude aborde les lacunes actuelles des stratégies existantes en lien avec le travail et conçoit un modèle alternatif consistant à accroître la « liberté face au travail ». Le projet repose sur deux problématiques : comment réduire la nécessité de travailler pour des raisons économiques et à quoi devrait ressembler le droit du travail pour contribuer à la réalisation de cet objectif.

À cet égard, l’étude expose les tentatives traditionnelles visant à réduire la semaine de travail et à instaurer un revenu de base. Elle aborde également leur faisabilité dans l’économie mondiale. Les résultats montrent que pour accroître la liberté face au travail dans une économie mondialisée, il faut s’affranchir du concept de productivité et des mécanismes de redistribution, et repenser la signification et l’utilité du « travail productif ».

En définitive, cette recherche vise à créer un nouveau modèle économique – l’« économie humaine » – qui repose sur l’idée que la plupart des individus de la planète doivent travailler pour accéder à certaines compétences et à certains choix. Si ces compétences étaient plus facilement acquises, la plupart des individus n’auraient pas à travailler autant pour les acquérir. En résumé, ce modèle remet en question la valeur du travail et le nécessité de travailler pour des raisons économiques.

Publications

  • Bueno Nicolas, Freedom ‘at’, ‘through‘ and ‘from’ Work : Rethinking Labour Rights, 160 (2) International Labour Review (2021) 311-329. DOI: https://doi.org/10.1111/ilr.12192  
  • Bueno Nicolas, Liberté au travail, par le travail et face au travail: comment repenser les droits du travail, 160 (2) Revue internationale du Travail (2021) 339-360. DOI : https://doi.org/10.1111/ilrf.12195   
  • Bueno Nicolas, Libertad en el trabajo, a través del trabajo y frente al trabajo. Un replanteamiento de los derechos laborales 140(2) Revista internacional del trabajo (2021) 335-355. DOI  https://doi.org/10.1111/ilrs.12198  
  • Bueno Nicolas, From Productive Work to Capability-Enhancing Work: Implications for Labour Law and Policy, Journal of Human Development and Capabilities (2021). DOI: https://doi.org/10.1080/19452829.2021.1951186

Durée du projet

01.12.2018 - 20.11.2022

Collaborateurs

Nicolas Bueno Professeur assistant

Financement

Fonds National Suisse (FNS), Ambizione

Institution principale

Zurich University, Kompetenzzentrum Menschenrechte Universität Zürich