Ce projet étudie comment l’identité sociale influence à la fois les croyances et les préférences des individus, au moyen d’expériences de terrain menées auprès de supporters de football pariant sur leur propre équipe ou sur d’autres matchs.
Les supporters surestiment les chances de victoire de leur équipe et hésitent à tirer un gain financier de sa défaite. Le projet cherche à déterminer dans quelle mesure ce comportement résulte de croyances biaisées ou de préférences liées à l’identité.

Il est bien établi que l’identité de groupe peut influencer les décisions économiques. Toutefois, il reste difficile de déterminer dans quelle mesure ces distorsions reflètent des croyances biaisées ou des préférences véritablement différentes. Ce projet propose une décomposition conjointe de ces deux mécanismes dans un contexte de décision d’investissement.

Dans le cadre d’expériences de terrain contextualisées menées auprès de supporters de football au Kenya et au Royaume-Uni durant la saison 2021/22 de la Premier League, nous avons recueilli les probabilités subjectives attribuées par les supporters aux résultats des matchs ainsi que leurs choix de paris assortis d’incitations financières. Les participants pariaient à la fois sur les matchs impliquant leur équipe favorite et sur des matchs comparables à l’égard desquels ils demeuraient neutres.

Les supporters surestiment la probabilité de victoire de leur propre équipe de 10 à 18 % et consacrent environ 20 % de budget supplémentaire aux paris portant sur celle-ci. L’intégration de ces comportements dans un modèle de choix de portefeuille montre que les croyances biaisées expliquent entre 30 et 44 % de cet investissement excédentaire. Les 56 à 70 % restants reflètent une réticence à réaliser un gain financier lorsque son équipe perd. Cela revient à accorder une valeur inférieure de 17 à 27 % à de tels gains. Cette aversion pour les gains perçus comme « déloyaux » est plus marquée lorsque l’équipe soutenue obtient de mauvais résultats.

Les résultats mettent en évidence des pertes de bien-être liées aux distorsions induites par l’identité, représentant environ 0,5 à 2,7 % des budgets consacrés aux paris. Ils montrent également que la simple correction des perceptions erronées ne suffirait pas à éliminer les distorsions liées à l’identité dans les décisions d’investissement, puisqu’une part importante de celles-ci trouve son origine dans les préférences plutôt que dans les croyances.

Working paper

Collaborateurs

Eugen Dimant
Eugen Dimant Co-responsable de projet
Kwabena Donkor
Kwabena Donkor Co-responsable de projet
Lorenz Goette
Lorenz Goette Co-responsable de projet
Prof. Dr Michael Kurschilgen
Prof. Dr Michael Kurschilgen Co-responsable de projet
Maximilian W. Mueller
Maximilian W. Mueller Co-responsable de projet