Ce projet de doctorat étudie l’évolution des pratiques d’assistance dans le Haut-Valais entre 1940 et 1981. La Suisse est sans doute l’un des pays les plus mondialisés au monde. Elle figure régulièrement parmi les dix principaux investisseurs à l’étranger, dispose d’une place financière influente, d’un secteur du négoce des matières premières particulièrement dynamique et jouit d’une renommée internationale grâce à son fromage, son chocolat, ses championnes et champions de tennis ainsi que ses universités de premier plan. Un quart de sa population est composé de personnes de nationalité étrangère et près de 40 % de ses habitantes et habitants ont au moins un parent né à l’étranger. Pourtant, il n’existe toujours pas d’analyse historiographique systématique expliquant comment ce pays politiquement neutre, enclavé et doté d’un fort sentiment d’exceptionnalisme national s’est trouvé, paradoxalement, à l’avant-garde de l’expansion européenne et de la mondialisation.
Dans une démarche novatrice, ce projet de recherche rompt avec les approches traditionnelles, nationales et eurocentriques de l’histoire suisse. Il propose ainsi également une nouvelle perspective sur l’histoire impériale européenne dans son ensemble. La raison en est simple : la Suisse n’a pu participer à la mondialisation impériale que parce que ses puissants voisins impériaux ont constamment offert des opportunités aux émigrantes et émigrants suisses, aux investisseurs, missionnaires, mercenaires, commerçants et à de nombreux autres acteurs qui ont cherché leur place au sein des grands empires européens. Le cas suisse met ainsi en évidence que l’expansion impériale européenne n’a pas uniquement été portée par la concurrence entre nations, mais également par des formes de collaboration transfrontalière entre acteurs européens. En ce sens, la Suisse permet d’éclairer les processus et les structures d’intégration économique, culturelle et sociale qui ont accompagné une expansion impériale fondée sur des dynamiques de coopération mutuelle. Le projet examine dès lors les mécanismes de l’intégration européenne au prisme de cette expansion collaborative, à travers le cas de la Suisse. La recherche se concentre sur trois régions qui ont connu une présence suisse particulièrement importante et durable au cours du XIXe siècle :
Sur le plan méthodologique, le projet apporte également des avancées importantes. Les trois sous-projets sont menés en collaboration avec des universités des pays concernés. Ils mobilisent des sources en langues européennes et non européennes et les interprètent aussi bien pour les milieux académiques que pour un public plus large, en Europe et au-delà. En mettant en lumière la manière dont ces histoires partagées continuent d’influencer différemment les populations d’Europe occidentale, d’Amérique latine, d’Afrique australe, d’Asie du Sud et d’autres régions du monde, le projet ouvre de nouvelles perspectives pour penser des futurs communs dans un monde toujours plus interconnecté.
Research project funded by the Swiss National Foundation “Moral and economic entrepreneurship in Asia, Africa, Latin America, and Europe. A collaborative history of Global Switzerland c. 1830-1900”